Succès du colloque de lancement

Une centaine de personnes ont participé au colloque de lancement de l’appel « Omnisports pour elles ! » à l’occasion de la journée internationales des droits des femmes dans les locaux de l’U.S. Metro (Croix de Berny) 10 Avenue Raymond Aron, 92160 Antony.

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Les débats étaient animés par Aurélie Bresson, rédactrice en chef de « Les Sportives ». Plusieurs femmes dirigeantes, une représentante de FEMIX, un représentant du CE de la RATP ont apporté leurs témoignages.

Prochainement sur le site : les vidéos enregistrées à cette occasion… dès maintenant, en cliquant sur le nom, vous accédez à une courte bio, en cliquant sur le titre de l’intervention, à son synopsis et au PPT présenté à cette occasion

Patricia Costantini : Sur les traces d’Alice Milliat

Chantal Demoustier,  France Bénévolat : Dans quel milieu associatif retrouve-ton les femmes et sur quels types de missions ?

     Témoignage de Véronique Ribaucourt (U.S. Joigny)

Coralie Lessard : Le traitement de la mixité sexuelle dans les services « jeunesse et sports » municipaux. Étude auprès de six communes d’IDF comprenant des quartiers prioritaires

Jeanne- Maud Jarthon : Construction du féminin par le sport, construction du sport par le féminin : l’exemple du fitness.

Fanny Sarrail-Brassens : Quelles réalités derrière la parité des instances dirigeantes sportives ?

Intervention de Claire Briquel (FEMIX)

Laurence Munoz : La place des femmes dirigeantes pour une approche globale et humaniste du sport

Béatrice Barbusse : les femmes sont-elles capables de manager le sport ? Maintenant ? Et Demain ?

intervention d’Anissa HIDRI (F.F. Clubs Omnisports)

Une co-organisation U.S.Métro / Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO)

                              

avec le soutien de la ville de Paris, du CROS Ile de France, du CDOS 92

Intervention d’Anissa HIDRI

La Fédération Française des Clubs Omnisports est au cœur de ce que j’appelle un Mouvement, le Mouvement Omnisports. Elle l’impulse, elle l’alimente, elle le fait vivre partout en France ; et ce Mouvement Omnisports repousse les frontières, bouscule les habitudes, bouleverse les codes. Mais surtout il s’engage et œuvre concrètement : il y a le Sport/Santé, il y a les Citoyens du Sport et à présent, il y a l’appel « Omnisports pour Elle ».

Le Monde titrait il n’y a pas si longtemps, « Le Sport français va faire sa Révolution », affirmant qu’il « est en passe de connaître une profonde mutation de son fonctionnement et de son financement. Une évolution ou une révolution, qui ne fait que commencer ». Clin d’oeil à l’Histoire, jeu de mot évocateur, tout est bon pour illustrer cette volonté sous-jacente de changement. C’est la volonté de la base, celle des sportifs et des clubs, qui consciemment ou inconsciemment, veulent transformer en profondeur l’existant et l’adapter au mieux à leurs nouveaux besoins, à leurs nouvelles attentes. C’est en cela que la nouvelle gouvernance du Sport est un enjeux fondamental.

La question des femmes et du Sport y est intrinsèquement liée. D’ailleurs, l’Appel « Omnisports pour Elles », lancé aujourd’hui, le 8 Mars, s’inscrit dans le fil d’un mouvement mondial sans précédent en faveur des Droits des femmes, de l’Egalité et de la Justice.

Ces derniers mois, le harcèlement sexuel, la violence et la discrimination à l’encontre des femmes ont fait la une des tous les médias suscitant un débat public passioné et stimulé par une détermination affirmée à instaurer un changement.

De la même manière que certaines ont initié la campagne #MeToo, que d’autres ont créé sa version française #BalanceTonPorc, ou encore que d’autres ont défendu la Liberté d’importuner, ce sont 8 femmes, représentantes de Clubs Omnisports, qui ont lancé l’Appel « Omnisports pour Elles ». C’est ensuite que la Fédération Française des Clubs Omnisports s’est proposée comme soutien, comme relai.

La Femme dans le Sport est un concept complexe qui fait couler beaucoup d’encre. Les luttes féminines et féministes le sont plus encore, difficiles à saisir dans toutes leurs dimensions et dans toutes les diversités. Nous n’avons pas la prétention pendant ce Colloque de cerner toutes ces nuances ; mais plutôt d’entrevoir des pistes, d’identifier des initiatives et de lancer une dynamique à travers le territoire, grâce à l’outil qu’est le Mouvement Omnisports.

Nous avons la chance d’avoir avec nous des femmes d’exception, mais aussi des hommes, qui ont fait des constats, présentés des visions, proposés des actions, échangés et questionnés la condition des femmes dans le Sport. Retenons ceci :

  • La volonté d’inclure les Femmes dans le Sport (en tant qu’Athlète, en tant qu’Encadrante, en tant que Dirigeante) n’est pas nouvelle. Au contraire, de grandes figures ont mené de grands combats, il y a des décennies. Alice Milliat est un exemple, souvent peu connu, mais emblématique et fort, qui a donné de la perspective et du relief au mouvement sportif féminin mondial.
  • Au-delà de cette envie profonde et déjà ancienne, il existe quand même des freins, des lenteurs et mêmes des souffrances. Certains sont conscients, d’autres inconscients, induits par des clichés, par des idées reçues, par des configurations inadaptées, ou simplement à cause d’un manque. Quoi qu’il en soit, on comprend qu’observer est le meilleure moyen d’être en retard. Autrement dit, il ne faut pas attendre que les besoins s’expriment, ce serait un non-sens ! Il faut au contraire devancer la demande.
  • On voit bien sûr apparaître des offres physiques et sportives dédiés aux publics féminins, mais souvent orientés. Pourtant, « Femme et Sport » ne se résume pas uniquement à exclure les hommes et plébisciter la présence des femmes dans le Sport. Au contraire, la clé est la conjugaison des forces masculines et féminines. Le contraire limiterait et ralentirait le développement du Sport féminin, tant dans sa pratique que dans son encadrement.
  • Du côté de la responsabilité et de la direction, la loi et les statuts soutiennent, depuis quelques années, au moins dans leur lettre, les femmes dans le Sport grâce aux règles de parité, aux quotas et à d’autres dispositifs d’incitation. Pourtant, les études démontrent qu’il existe un décalage réel entre l’activité des femmes à des postes à responsabilité et leurs positions sur le papier. Les femmes n’osent pas, elles hésitent, elles ont du mal à libérer leur parole pour bien des raisons mais souvent à cause d’autrui. Malgré tout, les chiffres démontrent une tendance positive des femmes manageuses, des femmes dirigeantes.
  • Alors, certes, le sexisme dans le Sport n’a pas disparu, ni même les inégalités et les disciminations. L’esprit collectif a toujours tendance à percevoir le Sport comme masculin par nature, alors qu’il est par essence, universel.
  • Et pour mieux soutenir les femmes dans le Sport, les Clubs Omnisports sont le meilleur atout, assurant une multiplicité des pratiques et donc des sujets mais aussi une organisation innovantes, plus propices à l’épanouissement des femmes et créent de vraies opportunités pour elles.

L’appel « Omnisports pour Elles » est donc une suite logique. Les consciences arrivent à maturité aujourd’hui plus qu’avant et le milieu sportif est prêt aux changements.

Profitons-en !

« Omnisports pour Elles » est a été initié à travers un appel. Un appel à la mobilisation, un appel à la revendication, un appel au rassemblement. Mais « Omnisports pour Elles », c’est surtout le point de départ de nouvelles initiatives, concertées et concentrées autour du phénomène Omnisports. Car c’est lui qui semble être le plus à même de porter et conjuguer toutes ces synergies féminines et féministes, avides de renouveau.

Pourtant, l’Appel « Omnisports pour Elles » qui est lancé aujourd’hui, à l’occasion de cette journée emblématique du 8 Mars, n’est pas une fin en soi mais un commencement historique et innovant.

Je me permets une analogie que nos amis de l’athlétisme ne manqueront pas d’apprécier : si je ne me trompe pas, dans cette discipline, un appel, c’est un appui du pied sur le sol qui donne l’élan nécessaire au Sauteur. L’Appel « Omnisports pour Elles », c’est exactement la même chose : il est l’appui fondamental qui doit donner à tous, hommes et femmes, l’élan nécessaire pour aller plus loin, faire davatantage, innover, avancer.

Je vais continuer avec mon analogie sur l’athlétisme : dites-vous que nous sommes dans les starting-block et que nous commençons une course de résistance et d’endurance.

Je le dis, cet après-midi que nous avons partagé ensemble, est unique et historique. Il est à présent l’heure de conclure. Seulement, vous savez ce qu’on dit, conclure résulte du moment précis où on en a marre. Loin de moi cette idée, bien sûr, même si ce colloque a été très riche. Il mérite tout de même une belle conclusion qui sera également une ouverture vers de futures initiatives, de nouveaux projets, de plus beaux engagements encore.

Je n’ai pas trouvé mieux que cette anectode : il s’agit d’un vieux chef indien. Il enseigne ceci à sa petite-fille : « il y a un grand combat qui se passe à l’intérieur de nous tous. C’est un combat entre deux loups, l’un est colère, envie et ego ; l’autre est espoir, joie et foi ». La petite-fille demande : quel est le loup qui gagne, grand-père ?. Le chef indien répond : celui que tu nourris ».

Alors nourrissons le bon loup et gardons la flamme des femmes dans le Sport la plus vive grâce au Mouvement Omnisports.

 

Intervention Coralie LESSARD

Le traitement de la mixité sexuelle dans les services « jeunesse et sports » municipaux. Étude auprès de six communes d’IDF comprenant des quartiers prioritaires

Il y a déjà 10 ans, les sociologues de la jeunesse établissaient le constat que les filles disparaissaient progressivement du secteur public de loisirs à partir de 12 ans. Que ce soit dans les clubs ou dans les structures d’animation généralistes, le constat est le même : il existe une asymétrie de la prise en charge des garçons et des filles par les politiques publiques dans les quartiers prioritaires : la plus grande partie de l’offre publique de loisirs s’adresse aux garçons. Cette communication s’appuie sur les résultats d’un travail doctoral soutenu en 2018 : de nombreux espaces jeunes municipaux voient toujours les filles déserter les créneaux attribués aux 15-25 ans.

Les témoignages recueillis dans différentes villes indiquent clairement que ces espaces ne sont pas favorables à la mixité sexuelle entre les jeunes : alors qu’au sein des structures accueillant les enfants (souvent en dessous de 10 ans), cette mixité semble de mise, le nombre de filles diminue chez les tranches d’âge correspondant aux « préados » (souvent en dessous de 15 ans) et devient parfois nulle sur la tranche d’âge des jeunes (adolescents et jeunes adultes). Il s’agira de voir qu’en général, lorsqu’il y a une absence de filles dans les structures « jeunesse », cela ne provient pas seulement du problème de réputation ou de l’absence de demande, mais également d’un déficit de l’offre.

Des pistes de réflexion sur ce sujet seront discutées.

voir (ou télécharger) le PPT de LESSARD Coralie

Intervention Jeanne-Maud JARTHON

Construction du féminin par le sport, construction du sport par le féminin : l’exemple du fitness.

Les pratiques corporelles participent à des assignations et prescriptions aux normes d’appartenance à un sexe. De plus aujourd’hui, le corps est un objet de consommation qui façonne notre quotidien. La presse féminine en jouant sur les stéréotypes du masculin/féminin influence les mécanismes de construction de soi. Le marché du bien-être en plein essor est un moyen de modéliser les corporéités d’atteindre ces stéréotypes. Ainsi nous tentons de comprendre comment la pratique du fitness gère, entretient et influence quelque chose qui appartient au féminin. Les salles de remise en forme proposent des activités variées s’adaptant à tous les âges et répondant à une demande accrue. Le soucis du « bien vieillir » (Feillet, 2012) le désir de préservation de son image (et de son corps) pour soi et aux yeux des autres (Corbin, Courtine, Vigarello, 2011), la nécessité du paraître « toujours jeune » (Amadieu, 2002), le poids du jeunisme dans les médias (Kaufmann, 2001) ont engendré une ouverture des âges de la pratique du fitness.
« Outil » de lutte contre le vieillissement ou de prévention de celui-ci pour des femmes qui souhaitent répondre aux normes sociales prescrites et/ou préserver leur santé, le fitness un moyen d’accéder et de participer à une « quête de jeunesse ».

voir (ou télécharger) le PPT de JARTHON Jeanne Maud

Synopsis intervention Fanny Sarrail Brassens

Quelles réalités derrière la parité des instances dirigeantes sportives ?

La loi sur la parité dans les conseils d’administration des fédérations sportives en 2014 constitue une avancée dans le combat de la féminisation des instances dirigeantes : la mise en place des quotas, un choix gouvernemental engagé mais imposé. Qu’en est-il dans les fédérations 4 ans après la mise en place de cette loi ? La présence en chiffre des femmes dans ces instances suffit-elle à faire basculer les femmes dans une présence en acte ? A travers une étude sur la fédération de l’Ufolep nous apporterons des éléments de réponses quant aux freins et leviers à la participation des femmes dans les instances dirigeantes sportives. Nous nous appuierons sur un projet porté par des dirigeantes pour apporter des éclairages.

Béatrice Barbusse

Sociologue spécialisée dans le sport et les ressources humaines, Béatrice Barbusse est maître de conférences à l’université Paris Est Créteil. Cette ancienne joueuse de handball, qui a évolué au plus haut niveau national, est aussi la seule femme de France à la tête d’un club professionnel masculin de première division (tous sports collectifs confondus), l’US Ivry handball. Elle est l’auteure de « Etre entraîneur sportif », et « Du sexisme dans le sport ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Béatrice_Barbusse