Roxana Maracineanu prône « une autre vision du sport »

Au micro de « Sénat 360 », Roxana Maracineanu, ministre des sports, prône l’augmentation du nombre de femmes dans le domaine du sport afin « d’apporter une autre vision ». par Public Sénat

À la veille de la journée internationale des droits des femmes, les questions au gouvernement au Sénat de ce jour abordent largement les problèmes liés à l’égalité homme-femme. L’occasion de demander à la ministre des sports, Roxana Maracineanu, si elle a perçu, au sein du monde politique, du sexisme à son encontre : « Depuis mon arrivée au gouvernement en septembre dernier, je n’ai, à aucun moment, pu ressentir de discriminations de ce côté-là » estime-t-elle. Mais la ministre ajoute que c’est sûrement grâce aux combats de ses prédécesseures en politique, qu’elle peut aujourd’hui « bénéficier de conditions paritaires ».

Interrogée sur le manque de valorisation du sport féminin en France, Roxana Maracineanu répond : « Aujourd’hui, il y a des femmes performantes et nous, on fait ce qu’il faut aussi pour qu’il y ait plus de sportives de haut niveau et qu’aujourd’hui plus de femmes s’engagent dans ces carrières sportives. Ce n’est pas évident parce qu’il y a le problème de la maternité. Il y a aussi le problème du double projet études et sport et on sait que les jeunes filles (…) sont moins enclines à se dédier à une carrière sportive et à laisser tomber leurs études à côté. »

Et d’ajouter : « Avoir plus de femmes pratiquantes, dirigeantes, haut niveau et surtout journalistes aussi, ça va apporter une autre vision du sport. Une vision plus en adéquation avec le sport santé, le sport éducation, le sport au plus près des attentes des pratiquants. Pas seulement le sport compétition. »

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Succès du colloque de lancement

Une centaine de personnes ont participé au colloque de lancement de l’appel « Omnisports pour elles ! » à l’occasion de la journée internationales des droits des femmes dans les locaux de l’U.S. Metro (Croix de Berny) 10 Avenue Raymond Aron, 92160 Antony.

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Les débats étaient animés par Aurélie Bresson, rédactrice en chef de « Les Sportives ». Plusieurs femmes dirigeantes, une représentante de FEMIX, un représentant du CE de la RATP ont apporté leurs témoignages.

Prochainement sur le site : les vidéos enregistrées à cette occasion… dès maintenant, en cliquant sur le nom, vous accédez à une courte bio, en cliquant sur le titre de l’intervention, à son synopsis et au PPT présenté à cette occasion

Patricia Costantini : Sur les traces d’Alice Milliat

Chantal Demoustier,  France Bénévolat : Dans quel milieu associatif retrouve-ton les femmes et sur quels types de missions ?

     Témoignage de Véronique Ribaucourt (U.S. Joigny)

Coralie Lessard : Le traitement de la mixité sexuelle dans les services « jeunesse et sports » municipaux. Étude auprès de six communes d’IDF comprenant des quartiers prioritaires

Jeanne- Maud Jarthon : Construction du féminin par le sport, construction du sport par le féminin : l’exemple du fitness.

Fanny Sarrail-Brassens : Quelles réalités derrière la parité des instances dirigeantes sportives ?

Intervention de Claire Briquel (FEMIX)

Laurence Munoz : La place des femmes dirigeantes pour une approche globale et humaniste du sport

Béatrice Barbusse : les femmes sont-elles capables de manager le sport ? Maintenant ? Et Demain ?

intervention d’Anissa HIDRI (F.F. Clubs Omnisports)

Une co-organisation U.S.Métro / Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO)

                              

avec le soutien de la ville de Paris, du CROS Ile de France, du CDOS 92

Témoignage de Véronique RIBAUCOURT (U.S. Joigny)

1) dans quelles conditions êtes vous devenue présidente ?

Mon prédécesseur avait décidé de laisser sa place après 20 ans de présidence mais notre club compte 20 sections, un centre de loisirs, 2000 adhérents et 5 salariés.

C’est une  lourde responsabilité.

Il souhaitait confier cette mission à une personne qui connaissait l’histoire de notre omnisports et capable de le gérer .

Le bureau m’a choisi pour mes qualités d’écoute, d’analyse , d’échange, de partage et d’équité.

2) D’après vous, qu’est ce qui diffère d’une gestion masculine ou féminine.

Dans les points communs tout d’abord je pense que lorsqu’une personne décide d’occuper  un poste  aussi important, homme ou femme cherchent à ne négliger aucun détail et recherche la perfection . Je pense qu’homme ou femme ne s’investit pas à moitié en prenant une telle responsabilité.

En revanche l’approche est différente.

Lorsque des choix et des décisions doivent être prises, j’ai vraiment besoin de m’enrichir du point de vu de mon bureau et de mes membres.

Par conséquents les choix sont plus collectifs et les réunions plus participatives .

Cela m’évite à mon sens les mauvais pas.

Par conséquent , qu’elle est votre manière de présider ? Qu’avez vous apporté sur ce 1er mandat de 4 ans?

Ma priorité sur la communication, la discussion, l’échange m’apportent beaucoup davantage;  j’ai par exemple sorti mon club omnisport d’un prud’homme dès mon arrivée.

J’ai supprimé le bras de fer qui existait avec la Municipalité.

Je suis en train d’apprendre à mes sections de travailler ensemble et ne pas tirer la couverture vers soi. Je leur dis souvent  » ENSEMBLE, PLUS FORT ». C’est ca l’esprit d’équipe. C’est ca l’esprit sportif !

Et puis il se dit aussi qu’en tant que femme j’ai fait prendre une autre voie à notre club qui vivait sur ses acquis. Comme je sais fédérer, beaucoup de partenaires ont envie de  travailler avec nous et m’ont lancé avec l’aide de la FFCO l’idée nous ouvrir sur le sport pour tout public . On vient donc d’ouvrir une nouvelle section  » sport santé » puisque la mairie y est très attachée, l’hôpital de Joigny et les professionnels de santé aussi ; dans cet esprit, le club omnisport fait donc maintenant parti du CCAS de Joigny, les écoles et les collèges me contactent pour faire découvrir nos activités aux enfants et les aider à apporter l’esprit des JO 2024.

Mais alors, rencontrez vous une difficulté à être femme dans votre mission?

Il y en a peut être une oui qu’un homme ferait plus facilement : trouver des entreprises partenaires. En effet comme les chefs d’entreprises sont quasiment tout le temps des hommes, il va m’être plus difficile de les convaincre de devenir sponsors.

C’est mon projet défis !

Intervention d’Anissa HIDRI

La Fédération Française des Clubs Omnisports est au cœur de ce que j’appelle un Mouvement, le Mouvement Omnisports. Elle l’impulse, elle l’alimente, elle le fait vivre partout en France ; et ce Mouvement Omnisports repousse les frontières, bouscule les habitudes, bouleverse les codes. Mais surtout il s’engage et œuvre concrètement : il y a le Sport/Santé, il y a les Citoyens du Sport et à présent, il y a l’appel « Omnisports pour Elle ».

Le Monde titrait il n’y a pas si longtemps, « Le Sport français va faire sa Révolution », affirmant qu’il « est en passe de connaître une profonde mutation de son fonctionnement et de son financement. Une évolution ou une révolution, qui ne fait que commencer ». Clin d’oeil à l’Histoire, jeu de mot évocateur, tout est bon pour illustrer cette volonté sous-jacente de changement. C’est la volonté de la base, celle des sportifs et des clubs, qui consciemment ou inconsciemment, veulent transformer en profondeur l’existant et l’adapter au mieux à leurs nouveaux besoins, à leurs nouvelles attentes. C’est en cela que la nouvelle gouvernance du Sport est un enjeux fondamental.

La question des femmes et du Sport y est intrinsèquement liée. D’ailleurs, l’Appel « Omnisports pour Elles », lancé aujourd’hui, le 8 Mars, s’inscrit dans le fil d’un mouvement mondial sans précédent en faveur des Droits des femmes, de l’Egalité et de la Justice.

Ces derniers mois, le harcèlement sexuel, la violence et la discrimination à l’encontre des femmes ont fait la une des tous les médias suscitant un débat public passioné et stimulé par une détermination affirmée à instaurer un changement.

De la même manière que certaines ont initié la campagne #MeToo, que d’autres ont créé sa version française #BalanceTonPorc, ou encore que d’autres ont défendu la Liberté d’importuner, ce sont 8 femmes, représentantes de Clubs Omnisports, qui ont lancé l’Appel « Omnisports pour Elles ». C’est ensuite que la Fédération Française des Clubs Omnisports s’est proposée comme soutien, comme relai.

La Femme dans le Sport est un concept complexe qui fait couler beaucoup d’encre. Les luttes féminines et féministes le sont plus encore, difficiles à saisir dans toutes leurs dimensions et dans toutes les diversités. Nous n’avons pas la prétention pendant ce Colloque de cerner toutes ces nuances ; mais plutôt d’entrevoir des pistes, d’identifier des initiatives et de lancer une dynamique à travers le territoire, grâce à l’outil qu’est le Mouvement Omnisports.

Nous avons la chance d’avoir avec nous des femmes d’exception, mais aussi des hommes, qui ont fait des constats, présentés des visions, proposés des actions, échangés et questionnés la condition des femmes dans le Sport. Retenons ceci :

  • La volonté d’inclure les Femmes dans le Sport (en tant qu’Athlète, en tant qu’Encadrante, en tant que Dirigeante) n’est pas nouvelle. Au contraire, de grandes figures ont mené de grands combats, il y a des décennies. Alice Milliat est un exemple, souvent peu connu, mais emblématique et fort, qui a donné de la perspective et du relief au mouvement sportif féminin mondial.
  • Au-delà de cette envie profonde et déjà ancienne, il existe quand même des freins, des lenteurs et mêmes des souffrances. Certains sont conscients, d’autres inconscients, induits par des clichés, par des idées reçues, par des configurations inadaptées, ou simplement à cause d’un manque. Quoi qu’il en soit, on comprend qu’observer est le meilleure moyen d’être en retard. Autrement dit, il ne faut pas attendre que les besoins s’expriment, ce serait un non-sens ! Il faut au contraire devancer la demande.
  • On voit bien sûr apparaître des offres physiques et sportives dédiés aux publics féminins, mais souvent orientés. Pourtant, « Femme et Sport » ne se résume pas uniquement à exclure les hommes et plébisciter la présence des femmes dans le Sport. Au contraire, la clé est la conjugaison des forces masculines et féminines. Le contraire limiterait et ralentirait le développement du Sport féminin, tant dans sa pratique que dans son encadrement.
  • Du côté de la responsabilité et de la direction, la loi et les statuts soutiennent, depuis quelques années, au moins dans leur lettre, les femmes dans le Sport grâce aux règles de parité, aux quotas et à d’autres dispositifs d’incitation. Pourtant, les études démontrent qu’il existe un décalage réel entre l’activité des femmes à des postes à responsabilité et leurs positions sur le papier. Les femmes n’osent pas, elles hésitent, elles ont du mal à libérer leur parole pour bien des raisons mais souvent à cause d’autrui. Malgré tout, les chiffres démontrent une tendance positive des femmes manageuses, des femmes dirigeantes.
  • Alors, certes, le sexisme dans le Sport n’a pas disparu, ni même les inégalités et les disciminations. L’esprit collectif a toujours tendance à percevoir le Sport comme masculin par nature, alors qu’il est par essence, universel.
  • Et pour mieux soutenir les femmes dans le Sport, les Clubs Omnisports sont le meilleur atout, assurant une multiplicité des pratiques et donc des sujets mais aussi une organisation innovantes, plus propices à l’épanouissement des femmes et créent de vraies opportunités pour elles.

L’appel « Omnisports pour Elles » est donc une suite logique. Les consciences arrivent à maturité aujourd’hui plus qu’avant et le milieu sportif est prêt aux changements.

Profitons-en !

« Omnisports pour Elles » est a été initié à travers un appel. Un appel à la mobilisation, un appel à la revendication, un appel au rassemblement. Mais « Omnisports pour Elles », c’est surtout le point de départ de nouvelles initiatives, concertées et concentrées autour du phénomène Omnisports. Car c’est lui qui semble être le plus à même de porter et conjuguer toutes ces synergies féminines et féministes, avides de renouveau.

Pourtant, l’Appel « Omnisports pour Elles » qui est lancé aujourd’hui, à l’occasion de cette journée emblématique du 8 Mars, n’est pas une fin en soi mais un commencement historique et innovant.

Je me permets une analogie que nos amis de l’athlétisme ne manqueront pas d’apprécier : si je ne me trompe pas, dans cette discipline, un appel, c’est un appui du pied sur le sol qui donne l’élan nécessaire au Sauteur. L’Appel « Omnisports pour Elles », c’est exactement la même chose : il est l’appui fondamental qui doit donner à tous, hommes et femmes, l’élan nécessaire pour aller plus loin, faire davatantage, innover, avancer.

Je vais continuer avec mon analogie sur l’athlétisme : dites-vous que nous sommes dans les starting-block et que nous commençons une course de résistance et d’endurance.

Je le dis, cet après-midi que nous avons partagé ensemble, est unique et historique. Il est à présent l’heure de conclure. Seulement, vous savez ce qu’on dit, conclure résulte du moment précis où on en a marre. Loin de moi cette idée, bien sûr, même si ce colloque a été très riche. Il mérite tout de même une belle conclusion qui sera également une ouverture vers de futures initiatives, de nouveaux projets, de plus beaux engagements encore.

Je n’ai pas trouvé mieux que cette anectode : il s’agit d’un vieux chef indien. Il enseigne ceci à sa petite-fille : « il y a un grand combat qui se passe à l’intérieur de nous tous. C’est un combat entre deux loups, l’un est colère, envie et ego ; l’autre est espoir, joie et foi ». La petite-fille demande : quel est le loup qui gagne, grand-père ?. Le chef indien répond : celui que tu nourris ».

Alors nourrissons le bon loup et gardons la flamme des femmes dans le Sport la plus vive grâce au Mouvement Omnisports.

 

Cécile GERARDIN, présidente de la section aviron de l’US Metro

Pourquoi signer l’appel?

Parce que si en France dans la loi l’égalité entre les hommes et les femmes est actée, elle est pourtant chaque jour remise en cause.
Que ce soit verbalement ou dans les actes, elle est maintenant plus insidieuse, ce qui fait qu’on ne s’en indigne plus.
Et pourtant, la richesse qu’une femme peut apporter par sa vision, son expérience, son vécu est inestimable pour la gestion d’un club et l’éducation de nos jeunes dans les clubs, jeunes qui seront les citoyens de demain.

Nous devons aider les femmes à atteindre des responsabilités plus élevées, dans le milieu sportif comme ailleurs.
Nous avons des idées, nous osons, nous agissons, nous assumons nos actions.
Nous devons être entendues et reconnues, sans avoir à se battre et sans passer pour des gêneuses lorsque nous apportons des idées nouvelles.
Nous devons enlever cette réputation qu’ont les femmes qui ont des responsabilités d’être dures, parce qu’elles sont contraintes de se battre pour exister.
Par le développement du sport au féminin dans les clubs, nous contribuerons à l’obtention de cette égalité dans tous les secteurs de la vie et dans tous les milieux sociaux.

J’ai la chance d’être présidente de la section aviron au sein du club omnisport de l’USMT, dirigé également par une femme, Audrey Prieto Rodrigues.
C’est la première fois qu’une femme est présidente de notre club.
Elle est à l’écoute, a des idées, ose. Nous devons l’écouter et la soutenir comme toutes celles qui s’investissent dans leur club, vivent leur club.