Le sport français attend encore des dirigeantes

Malgré une loi pour l’égalité et quelques progrès, les femmes sont encore peu nombreuses au sein des fédérations, et à leur tête.

Par Adrien Pécout Publié le 29 janvier 2019 à 09h47dans lemonde.fr

La photographie est trompeuse. La conférence permanente du sport féminin a réuni une majorité de femmes au ministère des sports de Roxana Maracineanu, lundi 28 janvier, à Paris. Au quotidien, ce collectif dresse pourtant un tout autre constat : celui de la sous-représentation féminine dans les instances dirigeantes des fédérations sportives du pays. Le sujet avance lentement, depuis août 2014 et la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Dorénavant, dans les fédérations où les femmes représentent un quart des licences ou davantage, au moins 40 % des sièges dans les instances dirigeantes doivent leur revenir. Dans les fédérations où la pratique féminine constitue moins d’un quart des licences, l’obligation dans les instances descend à 25 %. Ce calcul vaut aussi pour les hommes, dans l’éventualité inverse, comme en équitation ou dans les sports de glace.

La grande majorité des fédérations jouent déjà le jeu. D’autant que la loi a ménagé une forme de sursis lors de « leur premier renouvellement des instances » : en ce cas précis, le texte a autorisé les organisations avec plus d’un quart de licenciées à placer moins de 40 % de femmes dans leurs instances, pour peu que la proportion de dirigeantes égale celle des pratiquantes.

Seules huit des cent treize fédérations sportives agréées ne se trouvent toujours pas en conformité avec la loi, indique au Monde le ministère. Des structures aux réalités diverses : celles de surf (futur sport olympique), de course camarguaise, de ski nautique, de giraviation, de sauvetage et secourisme, de jeu de paume, de sport en milieu rural, ainsi que l’Union nationale des clubs universitaires. En théorie, l’infraction pourrait entraîner jusqu’au retrait de l’agrément ministériel. Mais, pour l’heure, elle provoquee plutôt de simples rappels à l’ordre.

Conséquence de la loi, la proportion des femmes dans les instances dirigeantes des fédérations a déjà connu une hausse : elle est passée de 26,5 % en 2013 à 34,8 % en juin 2017, qu’il s’agisse de conseils d’administration ou de conseils fédéraux. Le chiffre reste toutefois inférieur à celui de la pratique sportive : en 2017, les femmes représentaient 38,3 % des licences, contre 37 % en 2012 ; un pourcentage lui-même largement inférieur à leur place dans l’ensemble de la population française…

Une seule femme à la tête d’une fédération d’un sport olympique

A la présidence d’une « fédé » sportive, ne figurent aujourd’hui que quatorze femmes, soit à peine une de plus qu’en 2013. Et encore, seule l’une d’entre elles dirige une fédération d’un sport olympique : Isabelle Spennato-Lamour, pour l’escrime. Le ministère recense aussi quatorze directrices techniques nationales (DTN), chargées d’organiser la pratique de leurs sports respectifs sur tout le territoire. « Je prends le poste pour être la DTN tout court, pas seulement celle des filles, précise Christine Duchamp, qui occupe cette fonction à la Fédération française de hockey sur glace depuis ce mois-ci. Mais, vous imaginez bien que le dossier de la féminisation de la pratique me tient aussi à cœur. » D’abord DTN adjointe, l’ancienne hockeyeuse a pris « le temps de se sentir légitime » : « En sport ou ailleurs, quand on est une minorité de femmes dans une assemblée d’hommes, il peut paraître plus dur de s’exprimer, de prendre la parole. »

Un document de travail ministériel, dont Le Monde a pris connaissance, atteste d’une évolution – encore timide – d’autres fonctions dirigeantes. C’est le cas des trésorières, en augmentation entre 2013 et 2017 (de 15 à 25), ainsi que des secrétaires générales (de 25 à 30). Le décompte fait aussi état de 18 % de femmes parmi les 1 590 postes de cadres techniques sportifs en 2017, autrement dit 1 % de plus qu’en 2012.

Emmanuelle Bonnet-Oulaldj, elle, copréside (avec un homme) la Fédération sportive et gymnique du travail. « Tant que des inégalités entre les hommes et les femmes perdurent dans la société, estime-t-elle, ça ne permettra pas vraiment de responsabiliser des femmes à des postes de dirigeantes sportives. Plus elles auront des métiers précaires, plus elles auront des responsabilités domestiques, moins elles pourront s’engager dans des fédérations. » A méditer avant les Jeux olympiques 2024 à Paris.

Adrien Pécout

Béatrice Barbusse

Sociologue spécialisée dans le sport et les ressources humaines, Béatrice Barbusse est maître de conférences à l’université Paris Est Créteil. Cette ancienne joueuse de handball, qui a évolué au plus haut niveau national, est aussi la seule femme de France à la tête d’un club professionnel masculin de première division (tous sports collectifs confondus), l’US Ivry handball. Elle est l’auteure de « Etre entraîneur sportif », et « Du sexisme dans le sport ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Béatrice_Barbusse

Le sport ne peut se passer de l’évaluation

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La cérémonie d’ouverture de l’Euro 2016 au stade de France, à Saint-Denis, le 10 juin 2016.
H4stings/Wikimedia, CC BY-SA

Marie-Cécile Naves, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

En France, l’évaluation a mauvaise presse. Souvent mal comprise, associée à une sanction politique, à une rigidité bureaucratique ou à une suite de chiffres abscons, elle est cependant indispensable pour que les décideurs publics et privés ajustent leurs investissements et leurs dépenses, et rendent des comptes aux citoyens.

Face aux défis que nous partageons avec nos voisins européens – creusement des inégalités, vieillissement de la population, transformation des modes de vie, éducation et formation tout au long de la vie, détérioration des écosystèmes, pour n’en citer que quelques-uns –, l’évaluation permet, parmi d’autres outils, de garantir un équilibre entre universalisme et ciblage en fonction des besoins des populations et des territoires.

Or, évaluer, ce n’est ni sonder l’air du temps, ni se contenter d’un sondage d’opinion à des fins de marketing. C’est, en s’appuyant sur une méthode scientifique rigoureuse et interdisciplinaire, fournir un état des lieux, une mesure d’impacts – quantitatifs et qualitatifs – qui tiennent compte des complexités sociales.

La science doit en effet être davantage utilisée comme un outil d’aide à la décision publique et privée afin, notamment, de passer des normes implicites aux normes explicites, et de garantir l’égalité réelle des droits et de l’accès aux ressources.

Alors que prospèrent les désordres de l’information, la société aspire à l’élévation du niveau des connaissances et la recherche, l’expertise, validées par les pairs, sont des atouts précieux mais insuffisamment exploités. Sans rien céder sur l’exigence intellectuelle, les résultats de la recherche doivent être valorisés, explicités, rendus accessibles au citoyen. C’est particulièrement vrai de l’évaluation des politiques publiques et des investissements privés.

Le sport, terrain privilégié de la rencontre entre science et politique

À l’instar d’autres champs comme la culture, le sport est un laboratoire de transformation du social qui est sous-utilisé. Les liens entre recherche et décision restant largement à construire, le sport – omniprésent dans la vie quotidienne, bénéficiant d’une immense couverture médiatique – a tous les atouts pour devenir un instrument d’innovation au service des acteurs politiques, associatifs et fédéraux, mais aussi pour appréhender d’autres items de l’agenda de manière nouvelle.

Les enseignements qu’il apporte peuvent en effet infuser dans le reste de la société car une innovation qui fonctionne, c’est une innovation dont l’impact dépasse sa seule sphère d’influence. Envisagé de manière transversale, le sport pourrait mieux nourrir des evidence-based policies et aider à élaborer des dispositifs plus efficaces et plus efficients en matière de santé, d’éducation et de formation, d’emploi, de lutte contre les discriminations, d’inclusion sociale, de protection de l’environnement, entre autres, tout ceci faisant du reste souvent système.

Sans évaluation, pas d’héritage tangible des GESI

L’organisation de grands événements sportifs internationaux (GESI) en France dans les prochains mois et les prochaines années – France 2019 (Coupe du monde féminine de football), France 2023 (Coupe du monde masculine de rugby) et Paris 2024 (Jeux olympiques et paralympiques), pour ne prendre que trois exemples – constitue une occasion unique pour mettre cette proposition en pratique.

Jusqu’ici, les grandes compétitions sportives internationales qui se sont tenues dans notre pays n’ont pas répondu aux engagements pris, ni sur le plan de l’héritage, ni sur celui de son évaluation sociétale – ce qui a accentué la défiance populaire et médiatique. Le cas de l’Euro 2016 est emblématique : les espoirs déçus de la Seine-Saint-Denis ont laissé des traces. Il est, en outre, regrettable que l’absence d’indicateurs et de véritable stratégie politique globale ne permette pas, pour l’heure, de capitaliser sur une victoire en Coupe du monde masculine de football pour construire un agenda émancipateur.

À Belfort, des supporters français lors de la Coupe du monde de football.
Thomas Besson/Wikimedia, CC BY

S’ils veulent laisser un legs durable et objectivable, les GESI ne pourront donc plus faire l’économie d’un travail d’évaluation des retombées de leur événement, en matière non seulement économique, mais aussi sociétale et ce, sans oublier que ces deux aspects sont indissociables.

Comment, par exemple, mesurer l’effet sur le chômage d’une politique sportive transversale sans s’atteler à la lutte contre les discriminations fondées sur le genre, l’origine, le territoire de vie, etc., et aux coûts humain et financier que ces discriminations occasionnent ? Ce travail ne peut être laissé aux seuls économistes. Sociologues, politistes, historiens, géographes ont un savoir-faire précieux dont les décideurs ne peuvent plus se passer. Le « mouvement » des gilets jaunes serait, aujourd’hui, incompréhensible par le pouvoir politique sans les travaux, passés et en cours, de la recherche interdisciplinaire. La même exigence doit être de mise dans le sport.

Le sport au service de tous et toutes

Par ailleurs, on ne trouvera pas de manière magique « trois millions de nouveaux pratiquants d’ici 2024 » : pour y parvenir, il faut partir des besoins des individus et des groupes et viser des objectifs de santé et de bien-être – avec des moyens et accompagnements adaptés à chacun.e –, de solidarité intergénérationnelle, d’accessibilité, de lutte contre l’isolement, etc.. Les villes-hôtes des GESI, témoins de la diversité du territoire, fournissent un formidable terrain d’étude et d’expérimentation qu’il s’agira de documenter scientifiquement.

Valoriser les résultats de la recherche dans l’espace public et médiatique de débats, expliquer et porter, auprès des décideurs, les enjeux démocratiques et citoyens du sport sont une tâche indispensable mais complexe parce que ces différents univers sont largement cloisonnés.

Réussir ce dialogue suppose de produire et de diffuser une expertise au service de l’intérêt général et non d’intérêts particuliers marchands ou non marchands, pour, enfin, agir. Produire des rapports ne suffit pas : le courage politique s’incarne dans la mise en place de dispositifs concrets dont les retombées doivent être évaluées scientifiquement, en amont et en aval, et de manière indépendante. Il s’agit, avant tout, de mettre le sport au service de la société, autrement dit de tous et de toutes.The Conversation

Marie-Cécile Naves, Docteure en science politique, chercheuse associée à l’IRIS, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

F.F. Clubs Omnisports

http://www.ffco.org/

Naissance du GNCO

En octobre 1978, Marcel Draghi, alors président de l’A.C.B.B. de Boulogne-Billancourt, organisait dans son club un colloque sur les clubs omnisports avec l’aide de Monsieur Georges Gorce, Député-Maire de Boulogne Billancourt. De nombreux présidents de clubs vinrent y assister, et les débats qui eurent lieu mirent en évidence la spécificité des clubs omnisports et les problèmes rencontrés par ceux-ci.

Un besoin de s’unir et de se revoir pour débattre de nouveau se dégagea de ce colloque, et c’est ainsi que naquit le Groupement National des Clubs Omnisports (G.N.C.O.). Le G.N.C.O va alors pendant dix ans, de 1978 à 1988, rassembler un nombre croissant d’adhérents et s’imposer dans le sport français comme la voix des clubs omnisports.

du GNCO à la FFCO

Le nombre et la diversité de ses membres, petits et grands, prestigieux et peu connus, citadins et ruraux, lui permettra de s’exprimer au nom de tous. Le 19 novembre 1988, le GNCO décidait d’adapter ses structures à sa représentativité : son assemblée générale prenait la décision de le transformer en Fédération.
En 1989, le Maire de Mérignac, Monsieur Michel Sainte-Marie, mettait des locaux de sa ville à la disposition de la F.F.C.O. Le 14 octobre 1989, Monsieur Roger Bambuck, alors Ministre de la Jeunesse et des Sports, venait en Gironde inaugurer le siège de la Fédération. Agréée par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, la FFCO ne cesse depuis 1989 de se développer. Elle a renforcé son rôle de porte-parole des clubs omnisports et a développé un service d’assistance aux clubs dans leur administration et gestion quotidienne.
Elle participe au collectif d’animation des Assises Nationales du Sport.

CREATION DU CoSMoS

En 1995, la F.F.C.O. devient membre associé du C.N.O.S.F.
En 1996, suite au premier colloque « Sport, Travail, Emploi » organisé par la FFCO à Nanterre, elle participe à la fondation du CoSMoS. Le secrétaire général de la FFCO, Jean Diméo, assumera pendant plusieurs années la présidence de cette organisation d’employeurs.

LA FORCE DE TOUT LE SPORT, LA FORCE DE TOUS LES SPORTS

En 2016, elle formalise l’ensemble des outils qu’elle propose au service des clubs dans un « kit du dirigeant ».
La F.F.C.O édite plusieurs ouvrages, autant de « Regards » sur le sport et l’olympisme…
Son projet fédéral, bâti autour de 4 piliers, est adopté à l’A.G. 2017. Il permet de mutualiser et fédérer les actions transversales en proximité des clubs adhérents pour donner de la lisibilité et défendre le fait omnisports dans une visée humaniste d’émancipation.
Elle participe à la fondation de la plateforme de coopération interfédérale ID Orizon.

women sports

https://www.womensports.fr/

Women Sports est une plateforme multimédia : magazine trimestriel imprimé à 30.000 exemplaires, site web, réseaux sociaux.

Women Sports est édité par
Sport & Sponsoring Media Group
16, avenue Hoche – 75008 Paris

FONDATEURS : BRUNO LALANDE, DAVID TOMASZEK, LORRAINE DELOISON, DAVID DONNELLY, DJEDJIGA KACHENOURA, PHILIPPE DARDELET

Directeur de la publication et rédacteur en chef : David Tomaszek

Les sportives

http://les-sportives-mag.fr/

Unique en son genre, il a l’audace d’une cible non définie, vers un public qui s’intéresse au sport au féminin sans cloisonner : sportives du dimanche ou sportives de haut niveau, participantes ou spectatrices, mères, voyageuses, étudiantes, faignantes, femmes actives et motivées … Ces athlètes, ces acteurs et actrices du sport qui se donnent et s’engagent, progressent, excellent, conseillent, résistent, luttent, échouent, gagnent. Il n’est plus question seulement ni de performances ni de résultats, mais aussi de partager des moments de la vie de tous les jours, des valeurs, des actions, des initiatives et des forces communes. Sur tous les sports et autour de thématiques telles que l’éducation, le handicap, la santé, les médias, la société et la culture.

Les expertes

https://expertes.fr

premier annuaire gratuit, 100 % numérique, de toutes les femmes expertes françaises et francophones. Alors que seulement 19 % des expert.e.s invité.e.s dans les médias sont des femmes, le projet des Expertes propose une base de données unique de femmes chercheuses, cheffes d’entreprises, présidentes d’associations ou responsables d’institutions.

Egalsport

www.Egalsport.com

Le collectif Egal Sport regroupe des bénévoles très engagé.es dans la promotion de l’égalité des femmes et des hommes dans le sport.

Il s’agit bien, en toute indépendance, d’inciter les institutions et les médias à valoriser les actions positives en faveur de la place des femmes dans le sport et à dénoncer les comportements discriminatoires.
Partage d’informations, mutualisation d’expériences, participation active aux évènements majeurs et expertises de spécialistes, sont au cœur de notre action.

La démarche collective contribue à porter à la connaissance de chacun.e, les avancées réalisées dans les domaines dédiés.

Les convictions partagées constituent la dynamique nécessaire à l’enrichissement de toutes et tous.